Michel Buffet, né le 1er novembre 1931 à Paris et mort le 30 mars 2024 à Saint-Cloud, est un designer industriel français dont la carrière s’est orientée dès le début des Trente Glorieuses vers le transport, aérien puis ferroviaire, routier et maritime.

En charge au sein de la Compagnie de l’Esthétique Industrielle (CEI) de Raymond Loewy, de l’aménagement de nombreux avions, du Falcon 20 au Concorde, de trains, du métro de Caracas, du concept des stations-service du groupe Shell, Michel Buffet a réinventé un véritable art de vivre dans les transports, qu’il a développé à partir de 1985 avec sa société Vecteur Design Industriel.

Créateur de mobilier, il a notamment conçu une cuisine modulable, DF 2000, saluée par la revue italienne Domus. Les luminaires à réflecteur qu’il a créés dans les années 1950, initialement édités par Luminalite et Robert Mathieu, sont, grâce à leurs formes courbes et leur piètement délicat, devenus des classiques, réédités par Lignes de Démarcation.

Comme le souligne Alain Fleischer (cinéaste, photographe, plasticien et enseignant) en préface du livre « Michel BUFFET », Michel Buffet crée « des appareils d’éclairage qui diffusent une lumière « intelligente », en même temps qu’ils sont eux-mêmes des œuvres plastiques en volume ».

Dès la fin des années 1960 il participe à la grande vague des innovations pour la rénovation des transports en commun : le train, le métro et les interconnexions urbaines.

Projet d’Aérotrain pour la liaison Cergy – la Défense, 1968

En 1968 il étudie un projet d’Aérotrain électrique (l’Aérotrain S44), navette de faible gabarit, invention de l’ingénieur Jean Bertin qui devait relier le quartier de La Défense à la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, projet non réalisé pour des raisons politiques au changement de présidence à la suite de la mort de Georges Pompidou. Il y signera la livrée, de donner une image à ce véhicule pour le personnaliser : Bandes bleu clair et bleu foncé avec le A de l’Aérotrain.

En 1970 il conçoit, également en collaboration avec la société de Jean Bertin « Bertin & Cie », un habitacle de 4 à 6 places pour un véhicule à parcours hectométrique, le Tridim, navette autonome électrique propulsée par une crémaillère et glissant sur coussin d’air, destiné à la desserte de l’aéroport d’Orly ou à des sites comme La Défense.

Etude du Tridim, 1970

Peu de temps après le Concorde, en 1973, Michel Buffet se consacre au projet et à la réalisation du Naviplane N500. Lorsque la CEI reçoit la commande de son aménagement, l’intérieur de cet engin inhabituel se présente comme un vaste hangar qu’il faut rendre habitable, sans budget prévu hormis les sièges. Mais le but de Michel Buffet et de son équipe est de réaliser un intérieur de type avion de ligne capable de concurrencer un Boeing 747. Un soin particulier est donc donné aux parois, aux entourages des baies, au plafond et au plancher, aux racks à bagages et aux toilettes. Le tout recevant un éclairage diffus. La charte graphique est choisie en référence aux couleurs de l’armateur Sealink, le bleu et le rouge.

Michel Buffet sera chargé ultérieurement de la mise en place d’une signalétique de circulation et de sécurité à bord du porte-avion Charles de Gaulle, afin de faciliter le déplacement de 2 000 hommes, marins et aviateurs.

Michel BUFFET a fait don de ses archives au Musée des Arts Décoratifs 107 rue de Rivoli à Paris en 2021.

En 2022, il viendra, au salon Rétromobile sur le stand des AJB, rendre un dernier hommage à l’un des véhicules qu’il a eu plaisir à designer, le Tridim.

___________________________________________________________

N/A