Le Naviplane N300 était un aéroglisseur développé en France à la fin des années 1960 par la SEDAM. Destiné au transport rapide de passagers et de véhicules, il a été mis en service à titre expérimental à partir de 1969.
Ses premières exploitations ont eu lieu sur la Côte d’Azur, notamment entre Nice et Saint-Tropez, avant d’être étendues à l’estuaire de la Gironde et en Normandie. Capable d’évoluer aussi bien sur terre que sur l’eau, le N300 atteignait des vitesses supérieures à celles des navires classiques.
Toutefois, son exploitation a été freinée par plusieurs contraintes opérationnelles, parmi lesquelles un niveau sonore important, une capacité inférieure à celle des ferries traditionnels et divers incidents techniques.
Utilisé jusqu’en 1975, principalement pour des liaisons régionales et des démonstrations, le Naviplane N300 n’a finalement pas débouché sur une exploitation commerciale pérenne.


Premier aéroglisseur commercial conçu en France, le Naviplane N300 se décline initialement en deux exemplaires construits dans les ateliers de Bayonne-Anglet. Le premier, le N300-01 baptisé Baie des Anges, est achevé à la fin de l’année 1967 et entame ses essais statiques dès le 1er décembre. Pensé à l’origine pour le transport rapide de fret, il est présenté officiellement à la presse en 1968.
À la suite de cette phase initiale, le Baie des Anges est transporté depuis Bayonne à bord d’une barge de la Marine nationale, en direction du centre d’essais de la SEDAM situé sur l’étang de Berre. Peu après, en mars, un second appareil, le Naviplane N300-02 nommé La Croisette, est achevé ; il rejoint à son tour Berre en juin, transporté par cargo.
Une fois sur place, le Baie des Anges mène une série d’essais dynamiques sur l’étang de Berre, destinés à évaluer de manière approfondie ses performances techniques et opérationnelles avant une éventuelle mise en service.
Les deux appareils de la série N300, aisément identifiables à leur livrée blanche et bleue, présentent des dimensions de 24 mètres de long, 10,50 mètres de large et 7,50 mètres de hauteur, pour une masse totale de 27 tonnes. Leur architecture repose sur deux turbines marines Turbomeca Turmo III N3, chacune développant une puissance continue de 1 250 chevaux. Chaque moteur entraîne à la fois deux ventilateurs axiaux de sustentation et une hélice à pas variable. Les ventilateurs, dotés de 11 pales et d’un diamètre de 1,9 mètre, alimentent en air un système de sustentation conçu par la SEDAM, composé de 8 jupes tronconiques indépendantes.
Après leur phase d’essais, les N300 sont exploités expérimentalement sur la Côte d’Azur. Le bilan de cette exploitation s’avère globalement positif : malgré des contraintes météorologiques limitant leur utilisation à des vents de 20 nœuds et à une houle d’un mètre, leur rapidité et leur maniabilité permettent d’assurer un service fiable, sans accident majeur, en dépit d’un trafic côtier dense.
Les incidents constatés restent mineurs et concernent principalement les jupes, représentant 60 % des cas, sans remettre en cause la validité de l’expérience. Néanmoins, les annulations causées par les conditions de vent (15 % des traversées), combinées aux conséquences de la crise pétrolière, conduisent finalement à l’arrêt de cette exploitation.


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